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Produits illicites

 

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Produits illicites

  • Cannabis  

CANNABIS_SRAE  Le cannabis fait partie de la famille du chanvre, les variétés ayant des effets psychotropes sont le cannabis sativa, indica ou ruderalis.

La forme varie : feuille séchée (appelée herbe, marijuana..), résine extraite (le hashish, appelé shit) et l’huile extraite

Ce sont les sommets des plantes femelles (le cannabis est une plante sexuée) qui contiennent le plus de principe actifs et sont utilisés pour l’herbe.

La plante est consommée fumée, inhalée voir per os.

Quand elle est fumée, elle peut être associée à du tabac (le joint, ou pétard etc…) ou pure avec l’utilisation de pipe à eau, parfois artisanale (le bang).

L’auto culture est en augmentation constante.

Le sativa et l’indica sont les 2 variétés le plus communément utilisées, isolées ou associées. Leurs origines de culture varient et aussi leurs effets : 

  • la sativa a un effet « high » (cérébral, créatif, envie de rire voire psychédélique, quand,
  • l’indica a un effet « stone » (source pychoactif.org)

Les principes actifs sont multiples. Le premier découvert est le delta 9 tétrahydrocannabinol (dit THC), puis le cannabidiol (CBD), et le cannabinol (CBN). 
Des recherches sont faites pour isoler les principes actifs et leur octroyer un effet somatique ou psychotrope.
La teneur moyenne en principes actifs de la résine de cannabis a triplé en dix ans pour atteindre 23%, tandis que celle de l’herbe se stabilise à 11% (source OFDT) .
Ces principes agissent sur les récepteurs endocannabinoïdes du cerveau qui sont de 2 sortes : les CB1 et les CB2. Le cannabis agit sur les CB1.

Le cannabis est le produit illicite le plus consommé : 

  • 42% d’expérimentateurs chez les 18-64 ans
  • 48% chez les 17 ans
  • Un million quatre cent mille personnes consomment du cannabis au moins 10 fois par mois
  • sept cent mille le font quotidiennement

Ces chiffres ont véritablement explosé depuis la loi interdisant son usage
Cela ne s’est pas accompagné d’une augmentation de consommateurs d’héroïne, ni d’une augmentation du nombre de personnes souffrant de psychose chronique. Cela invalide la théorie de la porte d’entrée. Pour les psychoses chroniques, il y a une relation statistique qui n’est pas une relation de causalité, mais de facteurs risques associés et/ou communs.

Ces chiffres alimentent aussi le débat sur l’efficacité de l’interdit légal. Les expériences étrangères (l’Uruguay, le Canada, le Portugal certains états américains qui ont dépénalisé, voire légalisé la consommation de cannabis) nous dirons si ces réformes entrainent ou pas une recrudescence des consommations.

La dangerosité du cannabis est liée à la précocité de sa consommation (avant 15 ans) et à la quantité consommée. Elle consiste en une augmentation du risque de cancer (bronchopulmonaire) et cardiovasculaire responsable de 10,5% des décès répertoriés dans l’étude Drames.

Il faut retarder au maximum l’âge des premières consommations, et les quantités consommées.


Pour en savoir + : Tendances 119 OFDT, juin 2017site OFDT - produit Cannabis, site Psychoactif - Cannabis 
 
  • Les Opiacés

La capsule du pavot somniferum contient un latex, dont on extrait l’opium qui contient naturellement de la morphine (environ 10%).

L’héroïne est obtenue par di acétylation de la morphine (Dreser en 1898), utilisée alors dans la tuberculose (effet « héroïsch » contre la toux) et pour traiter la dépendance à l’opium (échec).

L’héroïne se présente sous 2 formes :
      - La plus fréquente : une poudre de couleur brune (brown) moins bien raffinée (sel basique d’héroïne).
      - Une poudre blanche (sel acide d’héroïne).

Les concentrations en héroïne ont varié : descendue à 7 % en 2008, remontée à 14 % depuis (source : ofdt Sintes 2016)… 
Les usagers ont une mauvaise connaissance de ces concentrations, ils les surestiment de 50 % en moyenne. 
Les produits de coupe sont la caféine 41 % (qui boosterait l’effet flash), le paracétamol 20 %.
En fin de chaine de distribution peuvent se surajouter divers sucres, et d’autres substances non psychoactives. (Source OFDT)

Les appellations par les usagers : héro, rabla, dré, poudre, came, meumeu, cheval, brown sugar, brown, drepou, smack, hélène, blanche…

A ce jour, se rajoutent aux opiacés d’origine végétale, des opiacés (opioïdes) de synthèse, utilisés en thérapeutiques et détournés de leur usage : tramadol, fentanyl et dérivés, codéine etc

L’héroïne classiquement s’injectait (20% environ des utilisateurs), mais à ce jour elle se sniffe le plus souventet se fume (chauffage sur cupule d’aluminium).

L’effet obtenu par le flash opiacé est celui d’une grande jouissance (pas de mots pour la décrire), d’une sensation de chaleur, d’anesthésie psycho sensorielle (expliquant l’indifférence affective). Puis suit une période calme, d’extase
Les premières consommations vont s’accompagner de nausées-vomissements.

L’usage chronique va apporter une dépendance avec en particulier obligation de répéter et d’augmenter les doses, et de l’apparition de signes de sevrage en cas de non consommation
Le sevrage aux opiacés est le sevrage le plus douloureux. Persiste un craving important et permanent responsable des rechutes.

La dépendance aux opiacés est accessible à un traitement spécifique, par buprénorphine ou méthadone.

Pour en savoir+
 
  • Les nouveaux produits de synthèse ou RC (Research Chemicals)
Les nouveaux produits de synthèse (NPS), souvent nommés RC et vendus sur Internet, désignent des substances qui imitent les structures chimiques et/ou les effets de produits stupéfiants illicites.

La France a parfois recours à des classements par familles chimiques pour les interdire rapidement. 
Ceux qui ne sont pas encore classés ne sont pas pour autant légaux et autorisés. 

Entre 2008 et 2016, 261 nouvelles substances ayant circulé au moins une fois en France ont été recensées et 582 l’ont été dans l’UE. Ces identifications sont en diminution : 58 en France en 2014, 53 en 2015 et 47 en 2016. 

Les substances les plus observées sont avant tout des cathinones, puis des cannabinoïdes de synthèse ou des psychédéliques
Dans le cadre d’une étude sur l’offre de drogues de synthèse sur Internet, 108 sites francophones de vente en ligne ont été recensés en 2014
Au total, 1 070 saisies et contrôles de NPS ont été dénombrés en 2016 (865 en 2015), portant sur un plus grand nombre de molécules (262 au lieu de 111 en 2015). 
Consommations et conséquences (2014) : 
  • 1,7 % des 18-64 ans déclarent avoir déjà consommé un cannabinoïde de synthèse au cours de leur vie
  • 1,7 % des jeunes de 17 ans disent avoir expérimenté un NPS, mais seuls 0,7 % ont précisé le type de produit consommé
Une étude menée en ligne en 2014 auprès de 350 usagers montre que 
  • 5 sur 10 d’entre eux ont moins de 25 ans, et sont majoritairement des hommes, vivent en milieu urbain et sont plutôt diplômés
  • Plus de 8 sur 10 ont par ailleurs consommé une drogue illicite au cours de l’année écoulée
Plusieurs cas d’intoxication ou de décès liés à la consommation de NPS (toutes familles de produits confondues) ont été signalés en France et dans plusieurs pays européens.

Pour en savoir + : site OFDT - NPSsite Psychoactif - RC
 
  • La cocaïne
La cocaïne (ou chlorhydrate de cocaïne) est une substance d’origine végétale, obtenue par transformation de la feuille de coca. 
Classée parmi les stimulants, elle se présente sous forme de poudre blanche, consommée le plus souvent par voie nasale (sniff), parfois pulmonaire (inhalation de fumée ou de vapeurs par voie orale ou nasale) ou intraveineuse (injection). 
Sa consommation entraîne une sensation de puissance intellectuelle et physique, engendrant une indifférence à la fatiguecouplée à un sentiment d’euphorie
Ces effets positifs sont suivis d’une phase de « descente », marquée par des symptômes de type dépressif, une anxiété et une forte irritabilité
La cocaïne est à l’origine d’une forte dépendance psychique conduisant à des envies irrépressibles d’en consommer (craving) pouvant survenir très rapidement ou à distance de la dernière prise.

La cocaïne base, qui circule sous l’appellation « crack » ou « free base », est un dérivé du chlorhydrate de cocaïne, résultant de l’adjonction de bicarbonate ou d’ammoniac
Cette transformation permet une cristallisation de la poudre en petits cailloux, destinés à être fumés et plus rarement injectés. 
Les effets de la cocaïne base sont beaucoup plus puissants que ceux du chlorhydrate. Leur apparition est plus rapide (1 à 2 minutes contre 15 à 30 minutes), mais leur durée est beaucoup plus courte (10 à 15 minutes contre environ une heure), ce qui conduit les usagers à une multiplication des prises.

La dangerosité de la cocaïne tient à son pouvoir addictif, à ses répercussions cardiovasculaires et neurologiquesaboutissant à des overdoses (voir étude Drames).

5.6% des adultes ont expérimenté la cocaïne, la consommation au cours de l’année concerne 1.1% des personnes âgées de 18 à 64 ans. L’expérimentation chez les jeunes de 17 ans s’est stabilisée à 3.2% de cette population, concernant autant les filles que les garçons.

 
Pour en savoir + : HAS Santé - Consommation Cocaine, Recommandations,  site OFDT - Cocaine et crack
 
 
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