ADDICTOLOGIE Structure régionale d'appui et d'expertise

Médicaments

 

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Médicaments

Les médicaments peuvent faire l'objet d'une addiction.

Des éléments doivent alerter :

  • pris en quantité ou en durée supérieure à ce qu’ils devraient être, 
  • recherche d’un effet autre que l’usage thérapeutique initial prévoyait, 
  • détournement de la voie d’abord (médicament prévu pour la voie orale qui est sniffé ou injecté), 
  • incapacité à l’arrêter, 
  • pratique non réglementaire pour l’obtenir (la petite fraude, mais aussi la pratique délictueuse).

Les psychotropes sont les médicaments le plus souvent en cause et certains plus que d’autres :

  • En premier lieu, les benzodiazépines : anxiolytiques très fréquemment prescrits, d’action remarquable mais courte. Les benzodiazépines perdent leur effet thérapeutique entre 14 et 28 jours (pour le zolpidem et le zopiclone) à 90 jours pour les autres. L’arrêt au-delà de cette durée entraine un effet rebond (signe de sevrage) et la reprise de la benzodiazépine est perçue comme un effet thérapeutique. 
    Le zolpidem est le médicament le plus problématique dans cette classe. C’est le médicament au pouvoir addictogène le plus fort. Son AMM ne prévoit que quelques jours de prescription. Toujours utilisé des alternatives à cette prescription. Le zolpidem doit être prescrit sur ordonnance sécurisée.
La prise régulière de benzodiazépine provoque des troubles de la mémoire, des troubles cognitifs et est également un facteur de risque (faible mais la population concernée est importante) d’apparition d’une démence.
En cas de suspicion de dépendance, l’arrêt des benzodiazépines doit être progressif et prudent, car il y a un risque de convulsions.

Pour en savoir + : Site HAS Santé - Arrêt Benzodiazepine et Site Benzo.org.uk - Dr Ashton(correspondance entre benzodiazépines, et des tableaux de sevrages très progressifs y sont présentés)

  • Les opiacés et opioïdes : morphine, codéine, tramadol, fentanyl etc… 
    Utilisés comme antalgiques, à dose supérieure de l’antalgie, les opiacés provoquent les effets de jouissance et d’euphorie, recherchés en particulier par détournement de la voie d’abord. Ils sont aussi utilisés pour leur propriétés anxiolytiques. 
    La dangerosité est réelle avec des overdoses. La naloxone est utilisable en ce cas (antagoniste utilisé par voie nasale sous le nom de Nalscue). Le Nalscue est disponible dans les CSAPA et services addiction des hôpitaux.
    En cas de dépendance, les médicaments de substitution du traitement aux opiacés peuvent être utilisés.

  • Autres psychotropes utilisés : les phénothiazines à effet de défonce (retrouvés par exemple dans le purple drank), les anticholinergiques (correcteurs des neuroleptiques) qui provoquent à haute dose des délires (le délire atropinique), les psychostimulants (ritaline, Modafinil). 
    Tous les psychotropes peuvent être utilisés par excès ou par détournement.

Dans l’usage problématique, les psychotropes peuvent être utilisés en association au sein d’une même classe ( 2 benzodiazépines par exemple) ou de classes différentes.

La constatation d’un usage problématique d’un médicament, oblige le professionnel de santé à le déclarer au service d’addictovigilance dont il dépend ou à l’ansm, même si les éléments sont incomplets.

Pour les Pays de Loire : Centre Etude Information Pharmacodépendance (pharmacodependance@chu-nantes.fr 02 40 08 40 96)

 
Symptôme de sevrage aux Opiacés
Les symptômes de sevrage aux opiacés sont caractéristiques, et sont observables, ce qui peut objectiver une consommation chronique.

Des signes généraux ressemblant à un syndrome pseudo-grippal : frissons, tremblements, myalgies avec parfois contractures musculaires, anorexie, douleurs abdominales, diarrhée, nausées et vomissements (risque de déshydratation et d’hypoglycémie).

Des signes neurovégétatifs : bâillements, larmoiements, rhinorrhée, mydriase bilatérale, tachycardie, hypertension artérielle.

Des signes psychiatriques : anxiété qui peut être majeure avec attaques de panique, irritabilité, agressivité, sensation de manque/envie irrépressible ou irrésistible de consommer (= craving), insomnie avec agitation.

Des signes biologiques : hémoconcentration avec hyperleucocytose, hyperglycémie. L’intensité du syndrome de sevrage dépend du caractère agoniste fort ou faible de l’opiacé utilisé et de la dose habituellement consommée.

Le délai d’apparition et la durée du syndrome de sevrage dépendent de la demi-vie de l’opiacé habituellement ingéré.

  • Pour les sujets dépendants à des produits à courte durée d’action comme l’héroïne, les symptômes de sevrage surviennent 6 à 12 heures après la dernière dose. Ils durent ensuite de 3 à 7 jours.
  • Les symptômes peuvent n’apparaître qu’après 2 à 4 jours dans le cas de produits à demi-vie plus longue comme le chlorhydrate de Méthadone. Ils durent alors jusqu’à 3 semaines après l’arrêt. Anxiété, dysphorie, anhédonie, insomnie peuvent persister dans les semaines et mois qui suivent la fin du syndrome de sevrage.

 

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