ADDICTOLOGIE Structure régionale d'appui et d'expertise

Actualités

BEH : Alcool, un impact sur la santé, même à faibles doses

SPF (4)

Ce numéro du BEH se focalise sur la consommation d’alcool en France et va servir pour un nouveau discours public.

A travers l’éditorial puis 2 articles il aborde les nouvelles recommandations émanant d’un groupe d’experts en 2017 et connues.
Ce sont celles publiées par Santé Publique France et reprises sur un article précédent (ici).

Le 1er article explique que les recommandations vont influer sur le discours public : il n’y a pas de consommation sans risque, seulement une consommation avec un risque admissible. Les auteurs estiment que dans le cas d’une exposition liée à un comportement individuel, un décès supplémentaire dû à l’exposition compris entre un décès sur 1000 et un décès sur 100 peut être considéré comme un risque faible. Pour l’exposition à l’alcool, ce sur risque correspond à plus de 10 verres par semaine et plus de 2 verres par jour, sans jour à zéro verre.

En conclusion, les auteurs indiquent que l’adhésion du public aux nouveaux messages ne sera possible qu’en cas de soutien accru des pouvoirs publics.

Le 2ème article mesure le respect des nouvelles recommandations en population générale en 2017. Il permet de repérer des cibles prioritaires : 23.6% des 18-75 ans consomment au-delà des repères. Les plus jeunes consomment plus intensément mais moins souvent que les plus âgés.

Le 3ème article explore les disputes avec le conjoint (et différentes formes de violence) et consommation d’alcool pendant la grossesse. Les résultats : un lien entre violences verbales au sein du couple et la consommation d’alcool chez la femme. Plusieurs interprétations sont possibles :

  1. La consommation d’alcool serait la conséquence de ces violences (effet auto thérapeutique).
  2. Une 2ème interprétation serait que les femmes consommatrices d’alcool pendant la grossesse sont plus susceptibles de se lier avec des hommes qui ont eux aussi une consommation d’alcool problématique. 34% des victimes de violence sexuelle et/ou physique déclarent que l’auteur était sous l’emprise de drogue ou d’alcool au moment des faits.
  3. L’alcool serait à l’origine des conflits du couple.

Le dernier article est de nature qualitative, et traite des sollicitations des femmes à Alcool Info Service au sujet du message « zéro alcool pendant la grossesse », trois niveaux d’interpellation :

  1. Les femmes inquiètes de toute trace d’alcool, anxieuses pour des niveaux de consommations anecdotiques.
  2. Les femmes qui ont bu ne se sachant pas enceinte. Elles sollicitent le service, se sentant coupables, n’ayant pas osé en parler au médecin, la question de l’IVG peut être abordée. Ces sollicitations sont délicates : positiver l’arrêt de consommation, encourager à en parler à un professionnel de santé pour une évaluation précise.
  3. Les femmes en difficulté avec l’alcool : récente, ancienne ou rechute, cette difficulté est le signe de leur échec à arrêter de boire. Elles craignent de se voir retirer l’enfant, ce qui est un frein à la demande d’aide et à l’action. L’anonymat, l’absence de regard et la disponibilité permettent la prise de parole.

 


Pour en savoir +
Retour aux actualités